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Le shinto

1.    Le Shinto ou la voie des dieux

Les arts martiaux ont toujours été pratiqués et développés par et pour des moines. Le meilleur exemple étant Bodhidarma, considéré comme le fondateur des arts martiaux. Bodhidarma qui est également à l’origine de la diffusion du bouddhisme en Chine et de la philosophie zen au Japon.

Cfr : Histoire du Karaté

Dans notre société « occidentale », nous concevons la vie comme une ligne du temps où chaque événement suit un autre de manière chronologique (ex. naissance > enfance > adolescence > adulte > Senior > mort)

Notre culture insiste sur le développement linéaire tandis que la culture japonaise mettra plutôt l’accent sur la nécessité de perpétuer des traditions millénaires. Pour reprendre l’exemple ci-dessus, chaque période de la vie sera plutôt considérée comme un éternel recommencement (apprentissage, autonomie…).

C’est ainsi que le temple d’Ise sera toujours reconstruit à l’identique, que l’ascension du mont Fuji sera toujours effectuée au moins une fois dans sa vie, que les mêmes rites seront toujours respectés…

Cette façon de percevoir les choses va profondément influencer la conception des arts martiaux et son enseignement.

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2. L’origine du shintô

L’équivalent de la bible pour le shintoïsme est le Kojiki (ou le récit des choses anciennes) qui rassemble toutes les légendes, histoires traditions ancestrales du Japon. Ce Kojiki a été modifié plus tard par le Nihongi (ensemble des croyances primitives japonaises). Ces légendes et histoires japonaises ont été centralisées afin de contrer la montée du bouddhisme.

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Contrairement à d’autres religions, il n’y a pas eu de date définissant le début du shintoïsme étant donné qu’il n’y a aucun "envoyé" ou "paroles sacrées". Pour ces raisons, on considère que le shintoïsme est né avec le Japon et que grâce au Kojiki il existe formellement.

 

3. La pratique du shintô

Le shintoïsme, une religion laïque …

Les Japonais pratiquent majoritairement le bouddhisme (75 %) mais aussi le christianisme ou l’islam, mais sont tous imprégnés par le shintoïsme (90 %). Du fait que tout peut-être Kami et originaire d’Izanagi et Izanami, cela implique que tous les éléments se tiennent pour former un ensemble cohérent. Un Japonais peut donc se sentir de la même famille qu’une montagne, un arbre … On retrouve ici un grand principe d’unité et d’harmonie très présent dans la culture japonaise et dans les arts martiaux.

Le kata "Meikyô" est selon la légende un kata évoquant la danse des dieux pour faire sortir Amaterasu (déesse du Soleil) de la grotte où elle s’était cachée.

Comme au Japon rien n’est simple, le Japonais vit selon les principes shintô, se marie selon la religion catholique et meurt selon les rites bouddhiques …

Le nombre des sanctuaires est à peu près le même pour le shintoïsme et le bouddhisme. Cette situation traduit l'égalité de l'influence qu'exercent actuellement ces deux religions.

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"Les Japonais vivent selon les principes shinto,
se marient selon la religion catholique
et meurentt selon les rites boudhiques. »

 

4. La spécificité du shintoïsme

Pour comprendre le shintoïsme, la meilleure chose est de le comparer à la religion chrétienne.

  • Le shintoïsme ne définit pas de manière formelle ce qui est bien ou mal. L’homme et la nature étant originaires de la même source, interdépendants et en harmonie, il n’y a pas de raison que l’un fasse "du mal" à l’autre. L’un ayant besoin de l’autre, il n’est donc pas nécessaire de définir le bien et le mal ;

  • La décoration des temples est extrêmement sobre : on ne retrouve que du bois, du papier et de la pierre dans un style des plus minimaliste.
  • Les principes de base du Shintô qui sont repris dans le Kojiki mettent l’accent sur l’harmonie entre l’homme et la nature, le visible et l’invisible, l’animé et l’inanimé. Il n’existe pas de grands principes moraux ni de dogmes.

  • Il n’existe pas de "paradis". La vie se passe sur terre, de son vivant. Le temps passé sur terre n’est pas l’antichambre du paradis ou de l’enfer car ces derniers n’existent pas.

  • Le but du shintoïsme est l’unité, synonyme de réalisation, de perfection et de répétition (comme les saisons), ce qui explique la méthode d’enseignement traditionnel des arts martiaux. A cet égard, cette idée que tout se répète à l’identique est symbolisée par le Temple d’Ise (le plus sacré car réservé au culte de l’Empereur) qui est reconstruit tous les 20 ans depuis l’an 800.

  • Contrairement à la religion catholique, la femme officie également en tant que prêtre shintô.

 
Le shintoïsme, engrais du nationalisme

Toute nouvelle religion ou philosophie semble attirante d’autant plus que le shintoïsme ne donne pas l’impression d’être trop contraignant. Durant la 2ème guerre mondiale, le shintoïsme a également été utilisé comme instrument politique pour exacerber le sentiment nationaliste.

 

Date de dernière mise à jour : 02/03/2013